biffe


biffe

biffe [ bif ] n. f.
• 1898; « les chiffonniers » 1878; de biffin
Arg. milit. Infanterie. Les « manches bleu clair de la biffe » (Vialatte). ⊗ HOM. Bif (bifteck).

biffe nom féminin (de biffin) Argot. Infanterie. ● biffe (homonymes) nom féminin (de biffin) biffe forme conjuguée du verbe biffer biffent forme conjuguée du verbe biffer biffes forme conjuguée du verbe biffer

I.
⇒BIFFE1, subst. fém.
TEXT., vx. Drap à rayures horizontales.
Rem. Attesté dans Nouv. Lar. ill., Lar. encyclop.
Pop. ,,Métier des chiffonniers; milieu, corporation des chiffonniers`` (ESN. 1966). C'est encore dans la Biffe, assurait Bijou, qu'on rencontre le moins de malfaiteurs (A. BRUANT, Dict. fr.-arg., 1905, p. 106).
Arg. des casernes. Infanterie de ligne :
— Pourquoi que tu t'es engagé aussi, lui dit Lemoine, puisque t'étais réformé? ... surtout dans la biffe.
— Le devoir, un emballement : des bêtises...
DORGELÈS, Les Croix de bois, 1919, p. 163.
Prononc. :[bif]. Étymol. et Hist. 1. Ca 1220 « tissu léger, en général rayé » (G. DE COINCY, Miracles, éd. V.F. Kœnig, t. 3, p. 420, vers 2976); 2. 1878 arg. « métier de chiffonnier » (L. RIGAUD, Dict. du jargon parisien, L'Arg. anc. et mod., p. 36); 3. 1898 « infanterie de ligne » (G. ESNAULT, Notes complétant le dict. de Delesalle, 1947). Orig. obsc. L'étymon lat. pour « à double fil (en parlant de la chaîne ou de la trame du tissu) » dér. du lat. class. « double fil » composé de bis et de filum (G. de Poerck dans Mél. Mario Roques, t. 4, 1952, p. 187 sqq.; EWFS2) vraisemblable du point de vue sém. fait cependant difficulté par les transformations phonét. qu'il suppose. À l'hyp. d'un rad. onomatopéique biff- exprimant le gonflement des joues d'où la moquerie, la tromperie (Spitzer dans Neuphilol. Mitt., t. 24, 1923, pp. 154-157; t. 25, 1924, pp. 7-14; FEW 1re hyp.; BL. W.5) s'oppose le fait que le tissu en question est léger, de texture lâche, mais non de qualité spécialement ordinaire (G. de Poerck, loc. cit., pp. 191-194) et que le sens de « tromperie » n'est pas attesté avant la fin du XVIe s. (Montaigne dans HUG.). 2 et 3 sont des dér. régr. de biffin. Fréq. abs. littér. :6.
BBG. — DE POERCK (G.). Contribution à l'hist. de la racine biff-. In : [Mél. Roques (M.)]. Paris, 1952, t. 4, pp. 187-213.
II.
⇒BIFFE2, subst. fém.
ADMIN., vx. Instrument employé pour annuler les timbres; l'empreinte de cet instrument.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. gén.
Prononc. :[bif]. Étymol. et Hist. 1877 (LITTRÉ Suppl.). Déverbal de biffer.
BBG. — DE POERCK (G.). L'Artill. à ressorts médiév. Notes lexicol. et étymol. Arch. Lat. Med. Aev. 1943/44, t. 18, pp. 35-49. — DE POERCK (G.). Contribution à l'hist. de la racine biff-. In : [Mél. Roques (M.)]. Paris, 1952, t. 4, pp. 187-213. — SAIN. Lang. par. 1920, p. 256. — SPITZER (L.). Etymologische Miszellen. Neuphilol. Mitt. 1923, t. 24, pp. 154-157. — SPITZER (L.). Nochmals frz. biffe. Neuphilol. Mitt. 1924, t. 25, pp. 7-14.

1. biffe [bif] n. f.
ÉTYM. 1220, sens 1; orig. incert., le lat. pop. bifilis, lat. bifilum « double fil » (de bis, et filum) fait difficulté.
Vx. Étoffe, tissu rayé très léger.
DÉR. Biffer, biffeton, biffin.
HOM. Bif, 2. biffe, 3. biffe.
————————
2. biffe [bif] n. f.
ÉTYM. XVIe, Montaigne; orig. incert., p.-ê. du rad. biff-, buff- correspondant à l'enflure des joues. → Bouffer.
Vx. Tromperie.
HOM. Bif, 1. biffe, 3. biffe.
————————
3. biffe [bif] n. f.
ÉTYM. 1878, « métier de chiffonnier »; de biffin.
1 Pop. Corporation des chiffonniers; métier de chiffonnier.
2 (1898, par compar. du fantassin ployant sous le sac, avec le chiffonnier). Argot milit. Infanterie.
1 La biffe a bien donné, y a rien à dire. Alt-Kirch, c'était plein de Pruscots. En cinq secs, la biffe les a foutus dehors à la baïonnette (…)
Martin du Gard, les Thibault, t. VIII, p. 170.
2 (…) Drôle d'État-Major ! Il est vrai que l'esprit de corps est très développé chez les artilleurs qui se prennent tous pour des Napoléons et méprisent la biffe, cette chair à canon.
B. Cendrars, la Main coupée, in Œ. compl., t. X, p. 169.
HOM. Bif, 1. biffe, 2. biffe.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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